Publié par : Élise Durand — Rédactrice en chef
L’IRM médullaire recherche des anomalies de la moelle épinière qui peuvent contribuer au diagnostic ou au suivi d’une sclérose en plaques (SEP). Elle complète l’IRM cérébrale, mais n’est pas systématique à chaque contrôle. Sa prescription dépend notamment des symptômes, des examens précédents et de la question posée par le neurologue. Une lésion médullaire ne suffit pas, à elle seule, à diagnostiquer une SEP.
Pourquoi examiner la moelle en plus du cerveau ?
La moelle épinière appartient au système nerveux central. Située dans le canal vertébral, elle transmet des informations entre le cerveau et le reste du corps. Dans la SEP, l’inflammation peut endommager la myéline, l’enveloppe protectrice des fibres nerveuses, dans le cerveau comme dans la moelle.

L’IRM médullaire explore notamment les régions cervicale et thoracique. Elle ne se limite pas à la recherche d’un problème discal : les images doivent permettre d’analyser la moelle elle-même. L’IRM cérébrale et l’IRM médullaire examinent donc des territoires différents et apportent des informations complémentaires.
| Examen | Zone explorée | Place dans la SEP |
|---|---|---|
| IRM cérébrale | Cerveau | Examen généralement central pour le diagnostic et la surveillance radiologique. |
| IRM médullaire | Moelle épinière | Complément pour rechercher une atteinte médullaire, préciser le diagnostic ou explorer une évolution clinique. |
Des lésions dans plusieurs territoires peuvent contribuer à établir une dissémination dans l’espace. L’apparition de nouvelles lésions sur des examens successifs peut documenter une dissémination dans le temps. Ces éléments sont évalués dans le cadre d’une démarche diagnostique plus large, qui peut aussi comprendre une ponction lombaire. Aucun résultat d’imagerie ne s’interprète isolément.
Les situations qui peuvent justifier une IRM médullaire
Le neurologue peut demander cet examen en présence de signes évoquant une atteinte de la moelle, appelée myélopathie. Aucun de ces symptômes n’est toutefois spécifique de la SEP :
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- Une faiblesse d’un ou de plusieurs membres, une raideur ou des difficultés à marcher.
- Des fourmillements, un engourdissement ou une modification de la sensibilité sur une partie du corps.
- Une sensation de décharge électrique dans le dos ou les membres lors de la flexion du cou, appelée signe de Lhermitte.
- Des troubles urinaires ou d’autres troubles sphinctériens associés à des signes neurologiques.
L’examen peut aussi être utile lorsque l’IRM cérébrale ne permet pas de conclure, en cas de suspicion de myélite inflammatoire ou lors de l’exploration d’une forme progressive d’emblée. Chez une personne dont la SEP est connue, une aggravation clinique malgré une IRM cérébrale stable peut conduire le neurologue à examiner la moelle.
L’IRM médullaire peut également aider à rechercher d’autres explications aux symptômes, notamment une compression de la moelle ou une autre maladie inflammatoire. Une IRM médullaire normale n’exclut pas à elle seule une SEP : elle indique qu’aucune anomalie évocatrice n’a été repérée dans les territoires explorés, compte tenu des limites techniques de l’examen.
Une faiblesse qui progresse rapidement, une difficulté nouvelle à marcher ou une rétention urinaire nécessitent une évaluation médicale rapide. Il ne faut pas attendre un contrôle programmé pour signaler l’apparition de ces symptômes.
Comprendre les lésions, les séquences et le gadolinium
Un hypersignal n’est pas un diagnostic
Une séquence correspond à un réglage de l’IRM qui fait ressortir certaines caractéristiques des tissus. Les séquences T2 permettent notamment de repérer des zones plus claires, appelées hypersignaux. Les séquences T1 apportent d’autres informations, notamment après une injection de contraste. La séquence FLAIR, courante pour l’étude du cerveau dans la SEP, n’occupe pas la même place dans l’exploration médullaire, qui repose sur des séquences adaptées.
Le radiologue examine la localisation, la forme et l’étendue des anomalies. Un hypersignal peut avoir plusieurs causes : ce terme ne signifie donc pas automatiquement « plaque de SEP ». Le nombre de lésions, à lui seul, ne permet pas non plus de mesurer le handicap ni de prédire l’évolution d’une personne.
L’injection renseigne sur une activité inflammatoire récente
Le gadolinium est un produit de contraste injecté dans une veine lorsqu’il peut apporter une information utile. Une prise de contraste sur les images en T1 peut signaler une lésion inflammatoire récente, souvent âgée de moins d’un mois en pratique. L’injection n’est pas nécessaire à chaque examen : la comparaison des séquences sans contraste permet aussi de repérer l’apparition de nouvelles lésions.
Pour comprendre cette prise de contraste, on peut la comparer au passage à travers une barrière normalement très sélective entre le sang et le tissu nerveux. Il s’agit d’une barrière biologique, et non d’une valve anatomique. Une inflammation peut la rendre temporairement plus perméable et laisser passer le contraste. L’absence de rehaussement ne signifie donc pas l’absence de lésion, ni l’absence d’activité depuis le contrôle précédent.
Une lésion ancienne peut rester visible sans prendre le contraste. À l’inverse, une nouvelle lésion peut apparaître sans provoquer de symptôme ressenti. L’activité radiologique et l’activité clinique ne coïncident pas toujours.
Préparer l’examen et savoir à quoi s’attendre
L’IRM utilise un champ magnétique et des ondes radio, sans rayons X. Elle est non irradiante et généralement indolore, à l’exception de l’éventuelle piqûre nécessaire à l’injection. Vous êtes allongé sur une table qui entre dans l’appareil. L’examen est bruyant et demande de rester immobile. Une protection auditive est fournie, et vous disposez d’un moyen de communiquer avec l’équipe.
La durée varie selon les régions examinées et le protocole. Une IRM médullaire complète peut durer jusqu’à 45 minutes. Dans le protocole OFSEP, les acquisitions médullaires prennent environ 20 à 25 minutes. L’exploration cérébrale peut demander elle aussi environ 20 à 25 minutes. Le temps passé sur place comprend également l’installation.
- Apportez l’ordonnance, vos anciennes images et leurs comptes rendus.
- Signalez tout implant, stimulateur cardiaque, dispositif médical ou éventuel corps étranger métallique afin que l’équipe vérifie leur compatibilité avec l’IRM.
- Prévenez l’équipe en cas de grossesse possible, d’insuffisance rénale ou de réaction antérieure à un produit de contraste.
- Mentionnez une claustrophobie dès la prise de rendez-vous pour discuter des adaptations possibles.
- Suivez les consignes du centre concernant les repas, les médicaments et les objets à retirer.
L’intérêt d’une injection de gadolinium est évalué au cas par cas, notamment pendant la grossesse ou en présence d’une maladie rénale. Ne modifiez pas votre traitement sans consigne médicale.
Organiser le suivi sans appliquer un calendrier automatique
La fréquence des examens dépend de l’évolution clinique, du traitement de fond et des résultats précédents. Une IRM réalisée environ 6 mois après l’instauration d’un nouveau traitement peut servir de nouvelle référence. Des contrôles tous les 1 à 2 ans sont pratiqués dans certaines situations, surtout pour l’IRM cérébrale. Cela ne signifie pas qu’une IRM médullaire doit être répétée systématiquement au même moment.
Une étude du CHU de Lille portant sur 1030 patients, dont 87 % recevaient un traitement, rapportait en moyenne 1 IRM cérébrale et 0,6 IRM médullaire par patient et par an. Près de 90 % des IRM étaient inactives. Ces résultats décrivent les examens réalisés dans une population suivie ; ils ne définissent pas la fréquence adaptée à chaque personne.
Pour comparer les examens, il est préférable, si possible, de retourner dans le même centre et d’utiliser un protocole comparable. Les protocoles standardisés, notamment celui de l’Observatoire Français de la Sclérose en Plaques (OFSEP), facilitent le suivi. Un changement de machine ou de technique peut modifier la visibilité des lésions sans traduire nécessairement une aggravation de la maladie.
Lors du rendez-vous, demandez si de nouvelles lésions sont apparues, si la comparaison avec les images précédentes est fiable et si les résultats modifient la prise en charge. Le radiologue décrit les images ; le neurologue les met en relation avec les symptômes et les autres examens. Cette interprétation médicale est indispensable : un compte rendu isolé ne permet ni de poser soi-même un diagnostic ni de décider d’un changement de traitement.

Les articles signés Élise Durand sur pharmamedia.fr traitent de « Santé & bien être » et « Formations & Emplois ». Il s’agit d’un nom de plume de la rédaction.
