Publié par : Élise Durand — Rédactrice en chef
Un fonctionnaire en arrêt maladie doit transmettre rapidement les volets administratifs, respecter les prescriptions médicales et anticiper les conséquences de son absence sur sa rémunération. Les règles concernent les agents de l’État, territoriaux et hospitaliers. Le maintien des primes et indemnités peut toutefois varier selon le versant de la fonction publique et l’employeur.
Les premières démarches après la prescription de l’arrêt
Lorsque son état de santé l’empêche d’exercer ses fonctions, le fonctionnaire peut être placé en congé de maladie sur présentation d’un avis d’arrêt de travail. Cet avis peut être prescrit par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme. Il concerne en principe une maladie ou un accident sans lien avec le service. Si l’événement est imputable au service, le régime du CITIS peut s’appliquer.
Envoyer les bons volets dans le délai de 48 heures
Les volets n° 2 et n° 3 de l’avis d’arrêt doivent être adressés à l’administration employeur dans les 48 heures. Le volet n° 1 contient des informations médicales confidentielles : l’agent doit le conserver. La même démarche s’impose en cas de renouvellement. L’administration doit recevoir rapidement le nouvel avis pour régulariser la situation et organiser, si nécessaire, le fonctionnement du service.
En cas d’impossibilité justifiée, hors hospitalisation, l’agent dispose de 8 jours pour fournir les éléments expliquant le retard. Il est préférable de conserver une preuve de l’envoi et de prévenir sans attendre le service des ressources humaines en cas de difficulté. La transmission dématérialisée ne doit être utilisée que si l’administration l’a expressément prévue.
Le retard répété peut réduire la rémunération
Un premier envoi hors délai donne lieu à un avertissement rappelant les conséquences d’un nouveau manquement. Si un autre retard survient dans les 24 mois, l’administration peut réduire de moitié la rémunération concernée. Cette mesure ne transforme pas l’arrêt en absence injustifiée, mais son impact financier peut être important. Respecter le délai protège donc l’agent, y compris lors d’un arrêt court ou d’une prolongation imprévue.
Rémunération : comprendre le jour de carence et le passage au demi-traitement
Le congé de maladie ordinaire, ou CMO, peut durer au maximum 1 an sur une période de 12 mois. Les droits sont calculés sur les 365 jours précédents, ou sur 366 jours lorsqu’une année bissextile est comprise dans la période. Ce calcul glissant explique pourquoi deux agents ayant la même durée d’arrêt actuelle peuvent percevoir une rémunération différente.
Comprendre et demander un congé de longue durée dans la fonction publique — La fiche officielle détaille les conditions, maladies concernées, démarches et droits liés au congé de longue durée des fonctionnaires.
| Période de droits en CMO | Niveau indiqué du traitement indiciaire brut | Point d’attention |
|---|---|---|
| 3 premiers mois, soit 90 trentièmes | 90 % | Les jours déjà consommés dans la période de référence sont pris en compte |
| 9 mois suivants, soit 270 trentièmes | 50 % | Le demi-traitement s’applique une fois les droits à 90 % épuisés |
| Premier jour d’un arrêt | Jour de carence | Une retenue d’un trentième s’applique en principe |
Un jour de carence, mais pas systématiquement à chaque absence
Le jour de carence correspond en principe au premier jour de chaque arrêt de travail. La rémunération de cette journée est retenue par trentième, mais cette journée est comptée dans les droits à congé maladie. Une prolongation ne déclenche pas nécessairement un nouveau jour de carence. Une rechute peut également relever de règles particulières selon les circonstances. Avant de conclure à une erreur de paie, il faut vérifier la continuité médicale des arrêts et les jours déjà indemnisés.
Traitement, primes et indemnités : ne pas tout confondre
Les pourcentages de 90 % puis 50 % concernent le traitement indiciaire brut. La nouvelle bonification indiciaire, le supplément familial de traitement, l’indemnité de résidence, l’IFSE et les autres primes ne suivent pas toutes les mêmes règles. Leur maintien, leur suspension ou leur modulation dépend du versant de la fonction publique, du texte qui institue l’avantage et des décisions applicables dans la collectivité ou l’établissement. Il est donc préférable de demander un décompte détaillé plutôt que d’estimer son revenu à partir du seul montant net habituel.
CMO, CLM, CLD et CITIS : choisir le bon régime de protection
Le type de congé ne dépend pas d’un choix libre de l’agent. Il résulte de la situation médicale, de l’éventuel lien avec le service et des procédures applicables. Identifier le bon régime permet d’éviter qu’un arrêt prolongé soit traité comme un simple CMO alors qu’une protection plus adaptée peut être envisagée.
| Dispositif | Situation visée | Durée et rémunération mentionnées |
|---|---|---|
| CMO | Maladie ou accident non professionnel empêchant temporairement de travailler | 1 an maximum : 3 mois à 90 %, puis 9 mois à 50 % |
| CLM | Affection nécessitant des soins prolongés et présentant un caractère invalidant | Jusqu’à 3 ans : 1 an à traitement plein, puis 2 ans à demi-traitement |
| CLD | Certaines affections graves, dont la tuberculose, le cancer ou un déficit immunitaire grave | Jusqu’à 5 ans : 3 ans à traitement plein, puis 2 ans à demi-traitement |
| CITIS | Accident de service, accident de trajet ou maladie professionnelle | Régime distinct fondé sur l’imputabilité au service |
Le CMO est le régime habituel des arrêts ordinaires. Le CLM et le CLD peuvent nécessiter l’intervention du conseil médical. Le CITIS suppose de déclarer les faits et d’établir leur lien avec le service. Dans les trois versants, FPE, FPT et FPH, le socle statutaire est comparable. Les circuits internes, les interlocuteurs et les règles indemnitaires doivent toutefois être vérifiés auprès de l’employeur.
Contrôle médical, reprise et conséquences d’un arrêt long
L’administration peut demander un contrôle par un médecin agréé pour vérifier le bien-fondé du congé et l’aptitude future à reprendre. Après 6 mois consécutifs d’arrêt, un examen de contrôle est obligatoire. Refuser de s’y soumettre peut entraîner l’interruption du versement de la rémunération. Il faut donc répondre aux convocations ou justifier immédiatement une impossibilité réelle.
Préparer la reprise avant la dernière semaine d’arrêt
Après 12 mois consécutifs de congé maladie, la reprise est soumise à un avis favorable du conseil médical. Si l’agent est apte, une reprise sur son poste antérieur peut être organisée. Si des restrictions persistent, l’administration doit examiner l’adaptation du poste ou une autre affectation compatible. En cas d’inaptitude, un reclassement, une disponibilité d’office pour raison de santé ou une retraite pour inaptitude peuvent être envisagés selon la situation.
Un arrêt prolongé conduit parfois à se concentrer sur la date de reprise ou sur le prochain rendez-vous médical. Le retour se prépare aussi en recensant les contraintes concrètes du poste : rythme des trajets, exposition au bruit, charge relationnelle, gestes répétitifs et outils numériques. Les noter avant l’évaluation médicale aide à formuler des demandes d’aménagement précises, plutôt qu’une demande générale de « reprise progressive ».
Carrière, congés et contestation : les vérifications utiles
Le congé maladie n’interrompt pas nécessairement les droits à l’avancement ni certains droits à la retraite. Jusqu’à 5 ans de congés maladie peuvent être pris en compte pour la retraite, et 4 trimestres sont retenus pour une retraite anticipée au titre d’une carrière longue. Les congés annuels non pris en raison de la maladie peuvent, dans certaines conditions, être reportés. Les RTT et les primes obéissent toutefois à des règles distinctes.
En cas de désaccord sur la paie, la qualification du congé, un contrôle ou une décision de reprise, l’agent doit demander une décision écrite ainsi que les motifs retenus. Il peut ensuite formuler un recours administratif, transmettre des éléments médicaux ou professionnels complémentaires et solliciter l’accompagnement de ses représentants. Les délais doivent être respectés : dans un dossier d’arrêt maladie, une pièce transmise trop tard peut compliquer la rémunération comme la contestation.

Les articles signés Élise Durand sur pharmamedia.fr traitent de « Santé & bien être » et « Formations & Emplois ». Il s’agit d’un nom de plume de la rédaction.
